L'avenir du REV en France
02 février 2016

 

Nous comptions en France à fin 2013, 216 experts bénéficiant de la reconnaissance REV, ce qui représentait 10% des effectifs des 6 associations françaises membres de TEGoVA, dont 4 sont agréées TMA.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, les experts français reconnus REV sont au nombre de 370, soit en augmentation de 71%.

A ce jour, 21% des experts membres d’associations TMA sont reconnus REV, soit 15% de l’ensemble des experts représentés par TEGoVA France.

Pourquoi une telle progression ?

Nous distinguerons 2 explications de nature très différente.

Tout d’abord, une explication tenant à « l’offre REV » :
Nos associations TMA ont incontestablement accéléré leurs efforts de promotion du REV auprès de leurs adhérents, considérant qu’il y avait là une opportunité de mettre en valeur un statut différenciant utile à leurs membres et à leurs clients.
Rappelons qu’en France, notre contexte règlementaire ne protège pas le titre d’expert en évaluation immobilière.
Seuls les experts de justice et les experts agricoles et fonciers bénéficient d’un titre protégé.
Les autres experts ne bénéficient pas d’un statut « différenciant », ce qui les expose à une concurrence très ouverte, notamment pour les experts indépendants qui ne bénéficient pas de la marque d’une société d’expertise renommée ou de celle d’un grand groupe.
La promotion du REV a donc été basée sur la volonté de trouver un juste équilibre entre la promotion de l’excellence et l’impasse de l’élitisme.

 

Toutefois cette exigence partagée de qualité s’exprime de manière spécifique chez chacune de nos associations agréées pour délivrer la certification.


Certaines de nos associations ont introduit des prérequis spécifiques tels que le suivi d’une formation préalable, pendant que d’autres s’en tiennent aux minima édictés par TEGOVA, mais toutes sont fortement impliquées par la mise en place d’une offre de formation continue spécifique à destination des experts REV.
Cette formation continue organisée à l’initiative de certaines organisations membres fait l’objet d’une ouverture aux adhérents des autres organisations.
Cette dynamique présente l’avantage de construire un réseau relationnel d’experts REV au-delà des « frontières » de chacune des associations.

 

L’autre explication du développement du REV dans notre pays provient de la « demande » de nos experts.
Nous avons aujourd’hui près de 2.500 experts français représentés par TEGoVA.
Ces professionnels couvrent tous les domaines de compétence de l’évaluation immobilière, du résidentiel pour la clientèle des particuliers à l’immobilier d’entreprises pour les grands groupes, sans oublier des domaines très spécifiques tels que l’agricole, le vinicole, le forestier, etc.
Ces experts exercent aussi bien en indépendants que dans des sociétés d’expertises, pour certaines d’entre elles filiales de groupes internationaux.

 

Il est clair que la perception du REV ne peut pas être unique pour une population professionnelle aussi diversifiée.

 

Un tour de table organisé lors d’une réunion de TEGoVA France de décembre 2015 sur la perception par les clients donneurs d’ordres de la reconnaissance REV, fait ressortir les tendances suivantes :

 

Tout d’abord, les clients étrangers expriment de plus en plus fréquemment la demande d’un expert REV pour l’évaluation de biens sur notre territoire, et cette tendance est naturellement plus ressentie par nos adhérents implantés dans des secteurs frontaliers.
Ainsi, nous avons des témoignages précis d’experts REV de Perpignan (Pyrénées Orientales) interrogés par une banque espagnole pour l’évaluation de biens dans leur région, et de professionnels de la région niçoise (Alpes Maritimes) pour des clients italiens ou suisses.

 

Ensuite, des banques françaises et étrangères, en grande partie depuis l’annonce de la Directive Européenne sur le Crédit en Résidentiel, viennent d’anticiper sur la transposition de cette dernière en droit français, en posant explicitement dans leurs appels d’offres aux sociétés d’expertises, les questions suivantes :

 

  • Appartenez-vous à une organisation professionnelle d’experts ?
  • Disposez-vous dans vos équipes d’experts labellisés REV, et en quel nombre ?

 

Il est intéressant d’observer que sur ce point, bien que la Directive ait cité à titre illustratif les EVS dans sa partie Préambule, le projet final français de transposition ne devrait retenir que la notion de normes reconnues au niveau international.
Le secteur bancaire aura donc à interpréter cette notion de normes internationales, ce que certaines ont commencé à faire, la référence aux EVS devant naturellement s’imposer comme une des plus représentatives, mais celle du REV, plus sélective, restant à la discrétion des donneurs d’ordre.

 

Pour livrer un témoignage plus personnel, j’ai la chance de bénéficier de la reconnaissance REV depuis près de six ans en exerçant mes activités à Marseille en tant qu’indépendant, et je n’ai jamais douté de l’utilité d’un tel label, considérant que d’une part le programme spécifique de formation continue proposé par nos organisations justifiait pleinement la démarche, et que par ailleurs si mes clients n’exprimaient pas a priori cette attente, l’impact commercial du label, bien qu’inquantifiable, ne pouvait être que positif.
Je n’ai jamais cessé d’en témoigner auprès de mes confrères depuis que mes responsabilités m’ont permis de participer à sa promotion.

 


Cet article est paru dans la newsletter TEGoVA du mois de janvier 2016.

Retrouvez la newsletter TEGoVA du mois de janvier en version anglaise en ici

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